Milan Kundera

Bibliographie

1975 : La plaisanterie

"L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trotski !" : première plaisanterie de Ludvik, qui lui vaut d'être exclu du Parti Communiste à l'unanimité. Seconde plaisanterie, de la vie cette fois : des années après sa radiation, Ludvik tente de se venger d'un des membres du parti qui s'est montré particulièrement dur, en lui volant sa femme, qui s'avère ne plus lui appartenir depuis longtemps déjà. La vengeance a donc échoué. Cependant, d'une plaisanterie à l'autre, Kundera nous aura offert un bijou d'humour noir, mais aussi une réflexion brillamment illustrée sur l'unicité des choses et des êtres, ponctuée d'évocations superbes des coutumes moraves, d'incursions dans le monde absurde du totalitarisme communiste et d'introspections lucides. En alternant savamment les points de vue de Ludvik, Helena, Jaroslav et Kotska, Kundera semble nous signifier qu'au bout du compte, c'est l'idée même d'individu qui lui importe. --Sana Tang-Léopold Wauters


1976 : La vie est ailleurs


1978 : La valse aux adieux

Dans une ville d'eaux au charme suranné, huit personnages s'étreignent au gré d'une valse qui va s'accélérant : une jolie infirmière ; un gynécologue fantaisiste ; un richard américain (à la fois saint et don Juan) ; un trompettiste célèbre ; un ancien détenu, victime des purges et sur le point de quitter son pays... Un " songe d'une nuit d'été ". Un " vaudeville noir ". Les questions les plus graves y sont posées avec une blasphématoire légèreté qui nous fait comprendre que le monde moderne nous a privés même du droit au tragique. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.



1986 : Risibles amours

"L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trotski !" : première plaisanterie de Ludvik, qui lui vaut d'être exclu du Parti Communiste à l'unanimité. Seconde plaisanterie, de la vie cette fois : des années après sa radiation, Ludvik tente de se venger d'un des membres du parti qui s'est montré particulièrement dur, en lui volant sa femme, qui s'avère ne plus lui appartenir depuis longtemps déjà. La vengeance a donc échoué. Cependant, d'une plaisanterie à l'autre, Kundera nous aura offert un bijou d'humour noir, mais aussi une réflexion brillamment illustrée sur l'unicité des choses et des êtres, ponctuée d'évocations superbes des coutumes moraves, d'incursions dans le monde absurde du totalitarisme communiste et d'introspections lucides. En alternant savamment les points de vue de Ludvik, Helena, Jaroslav et Kotska, Kundera semble nous signifier qu'au bout du compte, c'est l'idée même d'individu qui lui importe. --Sana Tang-Léopold Wauters


1987 : Le livre du rire et de l'oubli



1989 : L'insoutenable légèreté de l'être


Plus que les autres romans de Kundera, celui-ci est un roman d'amour. Tereza est jalouse. Sa jalousie, domptée le jour, se réveille la nuit, déguisée en rêves qui sont en fait des poèmes sur la mort. Sur son long chemin, la jeune femme est accompagnée de son mari, Tomas, mi-don Juan, mi-Tristan, déchiré entre son amour pour elle et ses tentations libertines insurmontables.
Le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas, étend le tissu du roman au monde entier. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que «l'insoutenable légèreté de l'être».
En effet, quelle qualité - de la gravité ou de la légèreté - correspond le mieux à la condition humaine ? Et où s'arrête le sérieux pour céder la place au frivole, et réciproquement ? Avec son art du paradoxe, Kundera pose ces questions à travers un texte composé à partir de quelques données simples mais qui s'enrichissent constamment de nouvelles nuances, dans un jeu de variations où s'unissent récit, rêve et réflexion, prose et poésie, histoire récente et ancienne. Jamais, peut-être, chez Kundera, la gravité et la désinvolture n'ont été unies comme dans ce texte. La mort elle- même a ici un visage double : celui d'une douce tristesse onirique et celui d'une cruelle farce noire.
Car ce roman est aussi une méditation sur la mort : celle des individus mais, en outre, celle, possible, de notre vieille Europe.

1993 : L'immortalité

1995 : L'art du roman


1997 : La lenteur

" Tu m'as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. Une Grande Bêtise Pour Ton Plaisir. J'ai peur que le moment ne soit venu. Je veux seulement te prévenir : fais attention. " J'incline la tête encore plus bas. " Te rappelles-tu ce que te disait ta maman ? J'entends sa voix comme si c'était hier : Milanku, cesse de faire des plaisanteries. Personne ne te comprendra. Tu offenseras tout le monde et tout le monde finira par te détester. Te rappelles-tu ? - Oui, dis-je. - Je te préviens. Le sérieux te protégeait. Le manque de sérieux te laissera nu devant les loups. Et tu sais qu'ils t'attendent, les loups. "


1998 : Jacques le fataliste et son maître 

2000 : L'identité


2000 : Les testaments trahis

Au fil des neuf parties indépendantes de cet essai, les mêmes personnages reviennent et se croisent : Stravinski et Kafka avec leurs curieux amis Janacek et Hemingway ; Rabelais et ses héritiers, les grands romanciers. L'art du roman est le héros principal du livre : l'esprit de l'humour dont il est né ; sa mystérieuse parenté avec la musique ; son histoire qui se déroule (comme celle de la musique) en trois temps ; l'esthétique du troisième temps (le roman moderne). Et la sagesse existentielle du roman. Sous son éclairage sont examinées les grandes situations de notre ère : les procès moraux intentés contre l'art du siècle l'indiscrétion généralisée annonçant le crépuscule de l'individualisme ; les testaments trahis (de l'Europe, de l'art, de l'art du roman, des auteurs). Prix de la Société des compositeurs américains pour le meilleur livre sur la musique (1996).



                                                        2005 : L'ignorance

Selon les propos de l'auteur lui-même, L'Ignorance n'est ni un roman politique, ni un texte autobiographique – même si le roman commence par la rencontre, dans un aéroport, de deux « dissidents » de l'Est réfugiés en Europe de l'Ouest, qui retournent pour quelques jours dans leur pays d'origine. L'ignorance, ici, ne fait pas allusion aux lacunes de la connaissance, mais précisément aux côtés inconnus de la nature humaine, qui ne se révèlent pas dans la fadeur du quotidien, cachés qu'ils sont derrière le « rideau de la normalité », mais qui surgissent au grand jour dans des situations historiques exceptionnelles – comme la période de la Terreur sous la Révolution française. À partir de cette notion d'ignorance comme lacune existentielle, Milan Kundera s'interroge sur la mémoire, et surtout sur l'oubli, qui à ses yeux prend le pas sur le travail de la mémoire : « De quoi je me souviens ? De très peu de choses. Et l'autre ne se souvient pas des mêmes choses. C'est donc une non-rencontre, mais qui est voilée par l'émotion. Mais, dès que la situation subit une vraie analyse, vous vous rendez compte de la présence de l'oubli. » --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

2006 : Le rideau

" Un rideau magique, tissé de légendes, était suspendu devant le monde. Cervantes envoya don Quichotte en voyage et déchira le rideau. Le monde s'ouvrit devant le chevalier errant dans toute la nudité comique de sa prose... C'est en déchirant le rideau de la préinterprétation que Cervantes a mis en route cet art nouveau ; son geste destructeur se reflète et se prolonge dans chaque roman digne de ce nom ; c'est le signe d'identité de l'art du roman. "