La dévoration du vide (2)
13h36 aujourd'hui à la Fnac. Je vois des soldes sur les CD audio, alors je prends quelques sonates de Beethoven, du Rachmaninov, un Dvorak. Le tout pour 8 euros seulement. Puis je me dirige vers le rayon livres, bien entendu. Je prévois de faire découvrir à quelqu'un un ou deux Stephen King (et oui !) et ne tombe que sur les plus connus : en somme ceux qui ont été adaptés au cinéma (La ligne verte, Shinning, Simetierre). Je me dis : "c'est étonnant, la FNAC de Clermont-Ferrand n'est pourtant pas si pauvre. Elle est plutôt grande".Ensuite, je marche rapidement vers le rayon des romans. En tête de gondole, je m'attends à voir les nouveautés : Jérôme Ferrari, Stéphanie Hochet, etc... pour ne citer qu'eux. Et bien non, en tête de rayon, je vois les éternels : Pancol, Littell (avec ses éternelles Bienveillantes, merci le prix), Angot, Follett, Rahimi (merci Goncourt, ce qui apparemment est largement justifié), etc... Mais pas de trace de Stéphanie Hochet et Jérôme Ferrari. La date de sortie est pourtant AUJOURD'HUI.
Alors je vais regarder dans les rayonnages. Et là : STUPEUR ET TREMBLEMENTS !!! Je vois DEUX pauvres Combat de l'amour et de la faim, coincés ensemble, vêtus tout deux de leur belle couverture rouge, me criant : "sors nous de là ! Nous sommes nouveaux, et les vieux poches commencent sérieusement à nous agacer ici". Ni une ni deux. Ou plutôt deux fois qu'une : je prends les deux isolés, et les place devant un autre auteur, en tête de gondole. (Avertissement au lecteur choqué : j'ai pris soin de les mettre sur un auteur qui bénéficiait déjà de DEUX places en tête de gondole, et dont l'une d'elles était déjà bien entamée, c'est à dire presque vide).
Voilà donc comment, moi, lectrice chevronnée, je vole au secours de livres de grande qualité, sur ma pause déjeuner, afin de les placer sur le devant de la scène, c'est à dire à la portée du lecteur lambda avide de découvrir d'autres nourritures littéraires, qui n'aurait bien sûr pas l'idée, lui, entre midi et deux, d'aller chercher dans les rayons bien rangés réservés normalement aux vieilleries et autres classiques poussiéreux de quoi assouvir sa faim. J'espère pouvoir ainsi combler quelques vides. Le dévorer un peu. Et donner de quoi dévorer à quelques estomacs vides, aussi. C'est quand même scandaleux.
Vous, lecteurs, faites comme moi. Bousculez les rayons des grandes hyperlibrairies, créons ensemble le collectif des chahuteurs de mains de libraires avilies par... le mauvais goût. Oui, créons le CCMLA. En attendant, lisez Stéphanie Hochet, et venez me remercier après. En attendant, j'ai reposé mes CD, et je suis partie.
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