Slam, de Nick Hornby
« Donc tout baignait. En fait, je dirais même que ce qui arrivait depuis six mois était bonnard dans l'ensemble. Exemple : maman avait plaqué Steve, son fiancé pourave. »Voilà comment Sam, le narrateur de Slam, débute son récit. C'est une narration à la première personne, assez familière. Cependant, on aurait tort de s'arrêter à l'écriture, au style, de se dire que le langage du narrateur, c'est celui de l'auteur : surtout lorsqu'on est quelque peu puritain de nature en ce qui concerne la littérature. Il serait facile de refermer le livre au bout des trois exemples énoncés. L'histoire de Sam, un adolescent de tout juste seize ans, resterait à jamais une histoire lointaine, loin du lecteur, loin de nous : c'est à dire ignorée. Et après tout ? Pourquoi pas puisqu'il s'agit d'une histoire des plus banales. En effet, Sam, est présenté un jour à Alicia. Comme beaucoup de jeunes gens de leurs âges, à Londres ou dans le monde entier, ils vont faire une bêtise qui, sans gâcher leurs vies, du moins en changera leurs directions respectives à jamais. Il s'agit bien sûr de donner la vie trop tôt et de faire un choix concernant la vie d'un tiers à l'heure où l'on ne sait pas encore où l'on va soi-même.
Nick Hornby donne donc la parole à ce jeune garçon, skateur, mauvais élève (sauf en dessin), et contre toute attente, nous surprend heureusement. Dans ce roman, le personnage nous parle comme si l'on se trouvait à côté de lui, et, sans jamais prendre parti, le lecteur est invité à s'asseoir pour qu'on lui raconte une histoire. Le plaisir de lecture est au rendez-vous, et c'est avec beaucoup d'humour, d'originalité, de fraîcheur et de poésie que l'auteur nous convie dans l'univers de l'adolescent, propulsé sans préavis dans le futur... et l'âge adulte. A découvrir, surtout par les plus fervents admirateurs de l'école classique : histoire de changer d'air..
© Léthée Hurtebise pour le Magazine des Livres n°11 paru en juillet 2008
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