Je suis ici

Par mail
ou par
 
Bookmark and Share
toute la culture sur ulike

Texte Libre

Citation du moment :
"Et après ? Une autre besogne... pourquoi ? Dans quel but ? Sans raison, il n'y a pas de but. Et à la fin de la journée qu'arrivera-t-il ? Rien. Et demain ? La même chose qu'aujourd'hui. (...) Non... elle ne pourra jamais. Attendre plutôt. Attendre que quelque chose  arrive... Ce soir ?." La femme de gilles, Madeleine Bourdouxhe, Actes Sud.

Je suis membre de :
Mon profil sur Babelio.com

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs
Wikio - Top des blogs - Litterature

Lectures en cours

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Littérature jeunesse et BD

Par Léthée
Mardi 5 mai 2009

Voici venir Venise la belle et ses secrets les plus convoités. Nous sommes au XIXème siècle et Johannes Karelski, épris de musique et violoniste talentueux, se voit obligé de partir à la guerre auprès de Napoléon. Johannes est blessé et doit se reposer. C’est alors qu’il part se réfugier à Venise. Là, il fait la rencontre d’Erasmus, un luthier qui apprit autrefois la fabrication des violons au sein de la maison Stradivarius. Passionné lui aussi de musique, il aime également les échecs, l’eau-de-vie, et les femmes… une surtout.

Pendant que les deux hommes font connaissance, rôde dans l’ombre de la pièce l’étrange aura sombre du violon noir. Bientôt, les hommes devront parler des voix qui les obsèdent : celles qu’ils convoitent, celles qui les traquent, les ensorcèlent, puis celle pour laquelle les deux hommes vont unir à jamais leur destin, et leur folie.

Quel décor pouvait davantage convenir à ce conte en jeux de masques, à l’intrigue envoûtante et trouble comme les eaux de Venise ? Quel décor mieux que Venise pouvait accueillir le mystère de ce violon, geôle de toutes les voix, pièce manquante à l’échiquier brisé ? Quelle liqueur pouvait encore, mieux que l’eau-de-vie, éponger les cendres de cet opéra curieux et tendre ?

Maxence Fermine réussit là un bien savant mélange, une sorte d’Allegretto dont la désuétude charme et berce au rythme de Venise, et de ses eaux dominantes.

- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Par Léthée
Mardi 28 avril 2009
Je dédie cet article à François, qui m'a offert ce livre pour noël.

Présentation de l'éditeur
Une ville sans parents ? Le rêve ! Et pourtant, la situation n'est pas si idéale... Comment remettre le téléphone en marche, remplir le réfrigérateur, et lutter contre la bande des Pirates dirigée par le redoutable Oscar ? Avec un peu d'astuce, de bonne humeur et d'organisation, les enfants devraient pouvoir s'en sortir !


Jacqueline Harpman avait imaginé un monde où les femmes vivent prisonnières des hommes, piètres géôliers qui prennent un jour la fuite sans se soucier du sort de leurs captives, livrées à l'aventure du désert et de la faim (Moi qui n'ai jamais connu les hommes, Livre de poche).
David Haziot avait imaginé les débuts de la guerre des sexes, une sorte de génèse où Elles (titre du livre paru chez Autrement), les femmes, tentaient de faire croire aux hommes qu'ils n'étaient pour rien dans leur pouvoir de fécondation : ainsi espéraient-elles les soumettre car comme chacun sait, si l'homme n'est pas conscient de ce pouvoir-là, il n'a conscience d'aucun pouvoir. Lol.
Il en est d'autres qui inventent volontiers une Créüside, envers et contre l'antique Enéïde que l'on connaît : il s'agit bien sûr de Magda Szabó (L'instant, la Créüside, chez Viviane Hamy sur lequel Amélie Rouher a encore écrit un chef-d'article et qui paraîtra sous peu dans le Magazine des livres, ou à défaut, sur son blog) qui nous offre une sorte de rêve androgyne.

Henry Winterfeld fait moins original, moins compliqué sans doute, mais c'est à bon escient : il s'agit d'une petite oeuvre romanesque destinée aux enfants du collège. A partir de là, le contrat de lecture est signé. Mettez-vous dans la peau d'un pré-ado, et laissez-vous guider.
Les enfants de Timpelbach font des bêtises. Trop sans doute. Jusqu'au jour où les parents n'en peuvent plus et décident de prendre la poudre d'escampette en laissant leur progéniture se débrouiller toute seule. Il ne s'agit donc pas du récit d'un enfant livré à lui-même, abandonné par des parents ingrats. Ici ce sont les enfants qui sont ingrats, et s'ils sont livrés à eux-mêmes, c'est pour le bien de tous. Il ne s'agit pas d'un conte à la Dickens où l'enfant terrible devenu vulnérable doit chipper des bouts de pain rassis au coin des marchés. Ici, ce sont les parents qui sont par dessus tout vulnérables, y compris vis-à-vis d'eux-mêmes. Cette fois, c'est tous les enfants de la ville qui se retrouvent sans guide, sans autorité, sans eau, sans électricité, sans nourriture... mais avec toutes les clés en leur possession : magasin de jouets, bars, mairie, banque... et j'en passe.
Imaginez le carnage ! Avec un tel pouvoir n'importe quel gamin pillerait à volonté, picolerait ouvertement, casserait, brûlerait... ce serait sans compter sur le pouvoir de l'auteur : faire qu'il y ait des méchants enfants, dénommés les Pirates, mais aussi des gentils, qui n'hésitent pas à monter un "Comité de défense pour le salut public". Les dés sont jetés, la bataille commence.
Pirates et Comité vont alors s'affronter. Les uns pillant, détruisant, hurlant sans se soucier de l'avenir ou de la faim, pensant avoir acquis à jamais le pouvoir de jubiler. Les autres plannifiant, hiérarchisant les rôles et les priorités, cueillant patates et jarres de lait pour nourrir toute la communauté, barricadant ce qu'il reste à sauver : croyant fermement que le départ des parents est une farce, et qu'ils reviendront rassurer leur incrédulité. On repère vite le manichéisme de l'affaire : les gentils sont intelligents, les méchants sont bêtes. Les uns sont incrédules, les autres le sont avec ce qui est vrai, et ne le sont pas avec ce qui le mériterait. Que voulez-vous, la référence est là : un pirate averti en vaut un demi.
Je ne dévoilerai pas qui avait raison, qui sera le plus fort. Tout le monde sait déjà que la raison et la force seront du même côté.
Je n'avouerai pas non plus... et puis si, que j'ai adoré ce texte, que j'ai beaucoup apprécié le récit servi par Manfred, que je me suis laissée emporter complètement par les aventures de Timpelbach.
J'ai cependant trouvé le livre trop court, pas assez étoffé. Il aurait mérité plus de profondeur, plus de lenteur pour tout à fait mériter son classement en littérature collège. A mon sens, il faut s'arrêter à la sixième... et encore, aux gentils sixième...


On l'aura compris, ce petit roman est gentil : nul enfant ne déscend les bouteilles de whisky (même Harry Potter se saoûle à la bièraubeurre), nul incendie, nulle félonie. Un roman, donc, à lire de 10 à 13 ans, et de 30 à 100 ans pour les autres. Entre les deux, nous sommes tous des pirates.

- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Par Léthée
Mercredi 8 avril 2009
Présentation de l'éditeur
Admis dans une résidence pour le troisième âge parce qu'il souffre de la maladie d'Alzheimer, Ernest ressent la vie en collectivité comme une épreuve. Mais il accepte bientôt son nouvel environnement et décide de se battre afin d'échapper à la déchéance à laquelle son mal le destine. Pour l'auteur, la communauté des hommes est pareille à une bibliothèque dans laquelle les livres s'amoncellent en montagnes de papier jaunissant peuplées de rêves et de fantaisies. L'usure de toute une vie les couvre de rides, et certains voient les lettres de leurs pages s'effacer, feuille après feuille, jusqu'à redevenir entièrement blanches. Malgré cela, les émotions les plus intenses survivent, préservées comme un trésor caché sur une île lointaine.

Cet album provoque surtout une émotion très vive, avec un sujet qui nous touche, nous a touché, et de toute façon nous touchera tous ! Au delà de la maladie d'Ernest, l'auteur illustre parfaitement ce besoin d'attachement auquel nul n'échappe. Même ce drôle de petit homme, le nouvel ami d'Ernest, qui est "fier de ne pas avoir de famille", car il prétend ainsi échapper à l'affection, ou plutôt à ses conséquences facheuses qui consistent à souffrir de l'absence ou de l'éloignement des êtres chers  : une idée saugrenue démentie au fil des pages... puisque le petit arnaqueur des plus "barrés" est rattrapé par ce drôle de sentiment qu'on appelle amitié sans doute. Oui, au fur et à mesure qu'Ernest montre des signes de faiblesse, et une plus grande faculté d'égarement, son ami le suit, s'y attache, le protège, et tente de lui épargner le "second étage", le véritable mouroir.

Paco Roca traduit merveilleusement bien l'égarement, la fuite inconsciente de l'esprit qui s'évade sans crier gare. Il donne à voir également ce à quoi nous devons tous nous attendre, à savoir la perte des autres. C'est une bande dessinée sensible, drôle par moment, jamais pathétique. C'est un vrai régal qu'on ne peut s'empêcher de dévorer en moins d'une heure, un peu de temps pour oublier le reste, mais pas ses personnages.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Par Léthée
Mercredi 25 mars 2009
Voici une jolie histoire, que l'on conseille volontiers aux "enfants qui aiment déjà lire tout seuls", à L'école des Loisirs. J'avoue qu'en tant qu'adulte, j'aime aussi lire toute seule () et ce petit ouvrage curieusement illustré tout en ombres et lumières, comme du pastel décoloré, se lit bien volontiers et avec grand plaisir.
C'est l'histoire d'une diablesse qui cherche son enfant disparu : oh ! la jolie dame... ah ! Mais elle n'a pas de pieds, plutôt des sabots... c'est une diablesse et non une gentille dame ! Fermons-lui la porte... se disent tous les habitants du village auxquels elle demande de l'aide..
Mais voyons ! Qui a dit que les jolies dames à sabots fendus étaient des diablesses ? (Et d'ailleurs, qui certifie que toutes les diablesses ont des sabots fendus ?)
On entend dans la nuit le "tip-tap-tip-tap" des sabots de la dame.. qui n'est autre qu'un démon vil et perfide qui cherche à entrer chez nous pour nous dévorer ! eh ! qui sait ?
Mais voilà que pour s'en débarrasser, on cherche parmi nous l'enfant qu'elle cherche tant. Et on le trouve bien sûr !
Et alors on comprend en lisant l'histoire que qui parait n'est pas forcément, et que derrière les sabots, peut se cacher une véritable maman, tendre, aimant son enfant. Il suffit juste de lui accorder un peu de crédit, et le "tip-tap" disparait à tout jamais...

Voici une bien belle histoire, un conte tout en finesse, qui fera réfléchir les enfants de longues heures. Pour peu qu'on s'y intéresse aussi, c'est certain, il sera intéressant d'en discuter avec eux !
Je me disais... qu'une maîtresse pourrait par exemple raconter l'histoire à une classe de petits CP, qui, les yeux grands ouverts, les mains entortillées, les oreilles grandes ouvertes, comprendrait davantage le fond de l'histoire que toute la tripotée d'adultes que nous sommes !
Ah... que les contes sont beaux racontés par Marie Ndiaye. Cela donne envie de s'essayer à sa littérature pour adultes, afin d'ouvrir nos yeux en grand, nous aussi !
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Par Léthée
Jeudi 19 mars 2009

Voilà un album qui fait fureur à la fois dans  les librairies, dans les jardins d’enfants, dans les chambres d’ados, dans les écoles, dans les grandes surfaces, et dans la blogosphère ! (je crois que nous avons fait le tour, non ?). 

L’idée est originale : reprendre l’histoire de Cyrano, et la transposer dans un monde japonisant haut en couleurs, tout en rondeurs. Les dessins plairont à tout le monde, la simplicité du texte… plaira surtout aux enfants. C’est un album de toute beauté. L’histoire, que l’on connaît à peu de changement près, est bien entendue touchante et savoureuse.

Mais. Car il y  a un MAIS ; Cyrano se voulait poétique et drôle à la fois. Ici, malgré de petites annotations concernant le vocabulaire, qui sont un peu fantaisistes, point d’humour du tout. Aussi, le personnage de Cyrano perd un peu de son relief.

Le tout est très synthétique, ce qui permet une lecture aisée pour les enfants, même jeunes. Synthétique en effet, et même, pourrait-on dire, le texte se fait rare. Des regrets à ce sujet ?

Pas vraiment… car l’album est magnifique, c’est le moins que l’on puisse dire concernant la qualité du dessin, la beauté des personnages et de leurs costumes. Après tout, il s’agit d’un album… et ce qui est à l’honneur ici, c’est bien le plaisir des yeux.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Par Léthée
Mercredi 18 février 2009

LE CADAVRE ET LE SOFA  
de Tony Sandoval 
BD sortie en février 2007
Aux Editions Paquet


L’AUTEUR (source : BDGest)
Tony Sandoval vient de Esperanza, Sonora, au Nord-est de Mexico. Après avoir travaillé quelques années dans des agences locales de graphisme et de design, il décide de s'orienter vers l'illustration et la bande dessinée. Il participe à de nombreuses anthologies et expositions et se lance dans l’autoédition. Depuis, il a réalisé plusieurs livres pour enfants et quelques albums de BD. « Vieille Amérique », scénarisée par Wander Antunes, est sa première parution en Europe (disponible depuis avril 2005).


Christian a disparu, et plus personne dans la ville ne sort pour jouer, excepté Polo qui préfère explorer les vastes prairies du coin. Il y rencontre Sophie, avec qui il va se retrouver plongé dans le mystère de la mort de Christian quand ils découvriront son corps sans vie au beau milieu de nulle part. Ils vont passer l’été a observer les états de décomposition du cadavre de Christian sur un vieux sofa qui d’une certaine façon, semble lié à Christian. A cette histoire, des gens étranges de la ville et éventuellement des loups garous seront ajoutés, offrant un épilogue plutôt étonnant.


L’ARGUMENTAIRE (de BDGest)

 

 

:
- Un dessin proche de l’illustration avec des jeux sur les styles suivant le déroulement de l’histoire.
- Une narration subtile, une maîtrise littéraire assez impressionante.
- Une histoire étonnante, mêlant un style intimiste et des passages fantastiques saupoudrés de références à l’horreur.

Mon avis :

Au départ, en voyant la couverture, je me suis dit qu'il s'agissait d'une BD pour adultes, bien sûr, étant donné l'ambiance torturée dûe aux couleurs, au vent, et à l'attitude des personnages. Mais je pensais qu'il s'agissait d'une BD "gentillette", à cause de l'aspect "bébé" du visage des personnages. Outre les indications données par l'argumentaire de BDGest, qui, somme toute, présente de manière très judicieuse l'ouvrage en question, il faut souligner le caractère bien particulier de l'univers dévoilé par l'auteur Tony Sandoval. Il ne s'agit donc pas d'une BD pour enfants : 
Les thèmes sont en effet assez proches du fantastique mais aussi de l'enfance : premiers amours d'été, loups-garous, phénomènes inexpliqués, mystères irrésolus... mais aussi la mort, la séparation, l'occulte.
Il règne dans l'ouvrage une ambiance "désenchantée" en même temps que très enfantine. Si bien que lorsque les personnages "font l'amour", on ne peut s'empêcher de se demander pourquoi ils ont pourtant autant l'air d'être des enfants (cf : le morveux). Lorsque Polo découvre un cadavre, on se demande si il rêve. La séance de photos dans l'usine désafectée ressemble à un délire d'ados gothiques.
Bien sûr, beaucoup de choses disparaissent à la fin de l'histoire : et quand des éléments clé disparaissent, on pense aussitôt, en tant que lecteur, que l'imaginaire est venu greffer quelques phénomènes sur la réalité.
Il faudrait pourtant ne pas s'y tromper : l'épilogue est là pour nous rappeler que finalement... il y avait peut-être davantage encore d'ingrédients étranges et sublimes dans cet été déjà particulier.

C'est agréable à lire, et le dessin, en effet proche de l'illustration, a ceci d'étonnant qu'il se situe à la frontière de l'enfantin et du gothique.

Si je devais rapprocher cette BD d'un film, ce serait sans aucun doute Tideland, de Terry Gilliam, dont je vous fais cadeau ici de quelques illustrations, empruntées sur Allociné.com. C'est une BD à découvrir absolument. Il est presque impossible que le dessin déplaise tellement il se rapproche de genres très différentes les uns des autres. Les amateurs de gothique, d'ambiances étranges, de mystères y trouveront leur compte aussi. Découvrez-la, rien que pour Polo, un personnage très attachant, et pour Sophie, un personnage... des plus troublants !


- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Par Léthée
Mardi 9 décembre 2008
Pour noël, je souhaitais faire dédicacer un exemplaire de Le jour où Lania est partie, par Carole Zalberg, puisque je devais la rencontrer à l'occasion de sa conférence avec Pierrette Fleutiaux et Benoîte Groult autour du féminisme, le samedi 6 décembre à Limoges.

Mauvaise surprise : impossible de trouver un exemplaire ! A croire que j'avais obtenu mon propre exemplaire par chance, le dernier des derniers !

Ce petit livre est une perle de littérature jeunesse. L'auteur y développe le problème de l'esclavage des enfants. Elle parle de ce sujet à ses petits lecteurs, comme elle aurait pu parler de la maltraitance des enfants, mais de manière plus grave : ce qu'elle a semble-t-il voulu éviter, pour ne pas braquer son jeune lectorat, qu'elle voulait attentif. 

C'est visiblement très réussi, et Lania a remporté déjà de nombreux éloges dont voici la liste : Grand prix de la Société des Gens de Lettres 2008, catégorie jeunesse ; Sélection pour le prix Goya découverte ; Prix des lecteurs et la bataille des livres. La plupart des éloges proviennent des enfants eux-mêmes... et pour preuve...
J'ai passé mon exemplaire de Lania à Ameleia. Aussitôt, celle-ci s'est mise en tête de le faire acheter à ses élèves : malheureusement, il n'y avait plus d'exemplaires disponibles, comme je l'ai dit. Vaille que vaille : Ameleia le lit à haute-voix. J'imagine alors son petit théâtre, sous le regard attentif et ébahi des enfants, tremblant de connaître la suite de l'histoire avant que ne sonne la cloche de la récré.

Ils voulurent bien sûr tout connaître de Lania, du jour où des inconnus vinrent l'enlever à ses parents pour l'amener dans ce monde si différent du sien : la ville, des patrons, et des torchons...

Tout cela leur a tant plu, qu'ils ont fabriqué un joli cadeau à l'auteur, Carole Zalberg. C'est ainsi que l'on vit son premier échange, à l'âge de 12 ans et demi, dans le monde de la littérature : un auteur nous apprend la méfiance, la valeur de l'école (seul moyen d'être libre, autonome, et maître de sa vie), et on lui fait ce beau cadeau, en retour, qu'est la reconnaissance. 

Je trouve que c'est une belle histoire, une belle rencontre aussi. Vous pouvez aller voir tout cela ici : 

http://www.carolezalberg.com/?p=1204

et là : http://ameleia.over-blog.com/article-25590866.html




 

 
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Par Léthée
Mercredi 3 décembre 2008
Etonnant ce qu'on trouve dans Zaza Mimosa en cette période de noël !
Ce magazine destiné aux enfants de 10 à 12 ans, truffé de jeux, devinettes, astuces contient... un petit roman de Carole Zalberg !
Salomé e st triste car son papa n'est pas souvent à la maison. Il fait partie de Médecins des hommes, et parcoure le monde à la recherche d'âmes et de corps à sauver. Alors il lui manque, et à l'approche de noël, elle finit par envier ses amies qui ont des papas facteurs, comptables... mais présents ! Un jour, elle n'en peut plus : elle dit toute sa tristesse.
Alors sa vie va changer d'un seul coup, car son père lui réserve une superbe surprise pour noël.

Ce petit roman prend la forme d'un mini récit initiatique. Salomé va affronter une aventure qui lui montrera ce qu'est le métier de son père d'un tout autre angle.
C'est superbement bien écrit, et comme dans Le jour où Lania est partie, Carole Zalberg évoque les malheurs du monde comme quelque chose que l'on peut et doit combattre, tout en restant dans le quotidien de l'enfant qu'elle a choisi comme narrateur.

C'est un moyen très habile de partager avec les enfants, en leur donnant le premier rôle.

Nul doute que ce texte remportera encore un grand succès auprès des plus jeunes !
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Par Léthée
Samedi 8 novembre 2008
Pour voir mon commentaire sur la lecture du tome 1, c'est ici.

Valnes et ses compagnons poursuivent leur périple à la recherche du Feul. En chemin, ils rencontrent d'autres peuples. Ceux-ci montrent encore des coutumes et moeurs différentes des leurs : les Boudhels sacrifient leur peuple pour protéger leurs morts. Ils rencontrent également un peuple d'infirmes, probablement touchés eux-mêmes par la maladie, ou une autre forme de mal.
Peu à peu, en vivant ensemble, les membres de la patrouille changent de comportement au contact des autres : les Albinths se montrent plus affectueux l'un envers l'autre, semblent développer un sentiment amoureux contraire à leur mode de vie. Valnes, elle, après la perte cruelle de son compagnon (je ne vous dis pas comment !), s'éprend de Däliark. Lui-même semblait depuis un moment très attiré par les charmes de Madame Oldi !

L'histoire prend donc une tournure différente de celle que j'imaginais : dans un univers si marqué par la fantasy, je n'imaginais pas qu'on puisse étudier de si près et si justement les phénomènes psychosociaux qui appartiennent à notre monde réel.

Par ailleurs l'intrigue tend à attirer les regards vers Les Soryos, un peuple "pollueur" qui semble être responsable du mal infligé au reste de la planète et de ses habitants.

Les auteurs n'auraient-ils choisi un monde si différent du nôtre que pour y évoquer les problèmes qui nous entourent quotidiennement ?

J'attends malgré tout le troisième tome avec impatience.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Par Léthée
Mardi 4 novembre 2008
Après avoir lu Le procès de Kafka adapté par Clod et Céka en BD chez Akiléos, j'ai voulu continuer mon périple bullé avec Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo. J'ai donc lu ce dernier livre, en prose, puis je me suis attaquée à l'adaptation parue chez Delcourt en mai 2007 (Ô retard quand tu nous tiens !).

C'est un exercice de style auquel tous les classiques ont du mal à échapper : Oliver Twist, Madame Bovary, Don Quichotte (pour plus plus petits !)... et comme il s'agit d'une épreuve, à tous les coups la moindre des choses est de comparer l'adaptation à l'oeuvre originale. Petit rappel concernant l'oeuvre de Victor Hugo, avec la présentation de l'éditeur :
Victor Hugo nous fait vivre intensément les derniers moments d’un être que la justice des hommes a condamné à mort. Espoir et désepoir, joies et souffrances, le séisme moral que subit cet homme, l’électrochoc de sa fin prochaine révoltent le lecteur. Ce livre est si fort, si intense, si éclatant, qu’au fond de notre âme quelque chose se fêle...

Le ton est donné. Badinter, et il a bien raison, en profite pour faire une préface très envolée sur la peine de mort. Le sujet est noir, glauque, et très politisé. On ne peut s'empêcher de se dire : "oh mais.. en Fra nce, l'abolition de la peine de mort n'a pas encore 30 ans.". Passons.

Et bien l'auteur de la bande dessinée,
Stanislas Gros, n'enlève rien à la noirceur du sujet. S'eut été impossible d'ailleurs. La mort est donc présente dans toutes les pages, comme le décrit si bien le personnage d'Hugo. Elle rode et s'enroule autour de son corps, remplit l'espace vide de son cachot. Tout est sombre jusqu'à l'échafaud. Les moments les plus forts du roman sont selectionnés : la visite de la fille du condamné, la visite du prêtre, le convoi vers la place de la grève avec le tabac renversé dans la voiture...
Le dessin peut ne pas plaire à tout le monde. Malgré tout, il correspond assez bien à la sobriété de l'espace, épuré par la force des choses.
Si j'avais un conseil à donner aux enseignants qui proposent cet ouvrage, c'est de faire lire la BD en même temps.. surtout aux élèves fâchés avec la lecture ! A lire !

- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Par Léthée
Jeudi 23 octobre 2008
1. VALNES

Il y a bien longtemps déjà que cette bande dessinée me tentait. Je m'en suis emparé à la bibliothèque il y a quelques jours, et je ne le regrette pas du tout. A tel point que je risque bien de m'emparer du second tome dès demain...

Dans cette histoire se situant quelque part au milieu d'un monde envahi par la forêt sauvage, et d'étranges créatures inexistantes dans le nôtre, vivent quatre peuples : Les Bourouwns, de drôles de religieux très pratiquants qui élèvent des Telnaks dont ils se servent à la fois comme Rotweiler et comme cheval, Les Oldis, très bons coureurs dont les moeurs impliquent l'absence de Dieu et le partage d'un homme entre plusieurs femmes, les Brohms, qui se déplacent sur des sortes de dragons volants, comme les Nasgulls chez Harry Potter mais en moins élégant, et les Albinths, de grands gaillards qui s'amusent à faire peur avec des cornes au milieu des champs de blé.
Tous ont des coutumes et des modes de vie bien différents les uns des autres et malheureusement, chacun n'arrive pas toujours à accepter que l'un possède plusieurs femmes, que l'autre prie à longueur de temps, ou qu'un tiers entraîne tout ce qu'il possède dans la mort... y compris son épouse.
En revanche, tous semblent touchés par un même mal contre lequel ils seront bien forcés de s'unir : Le feul. Une étrange maladie venue de la rivière, qui condamne à mort celui qui la contracte, quelles que soient ses moeurs...

Une intrigue croissante, qui n'est pas résolue à la fin du premier tome. Un dessin fabuleux. Une histoire et des personnages originaux. Une qualité de dialogues, et de scénario.. tout est réuni pour que cette histoire soit longue et nous donne de nombreux moments de plaisir de lecture. A découvrir sans plus tarder !

§§§§§Mise à jour du 08/11/08 : j'ai lu le second tome désormais, et la critique est .§§§§§
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Par Léthée
Jeudi 16 octobre 2008
Aux Editions Glénat, Collection La loge noire.
Dessin : ARNAUD, Scénario : FERRY

Présentation de l'éditeur : En ce moment, les enfants qui viennent consulter le professeur Sigmund Freud, font bizarrement tous le même rêve : chacun court dans un paysage étrange, dans une tempête, des cavaliers lourdement armés les poursuivent, ils arrivent à une grande falaise et tombent dans le vide. La mer bouillonnante les avalent et ils se noient. Et ces enfants, peu à peu, se retrouvent dotés du pouvoir de téléportation d'objets... Parallèlement, on retrouve des dizaines de cadavres d'enfants dans les rues. Un serial killer digne de Jack l'éventreur se déchaîne sur de jeunes victimes qui ont toutes le même âge. Il y a aussi une société secrète qui manipule les cerveaux de jeunes gens et recueille les rayons que ceux-ci émettent. Dans ce groupuscule dangereux, les chasseurs de rêves, dont le rôle est de s'introduire dans les songes des enfants pour les manipuler. Un chasseur vient de repérer une jeune fille aux capacités médiumniques sans précédent. Ils projettent de l'enlever... Quel est donc le lien entre toutes ces affaires ? Un passionnant album qui vous tiendra en haleine de bout en bout, servi par un dessin d'un classicisme remarquable, nous replongeant avec délice dans les prémices du XXème siècle.

A l'intérieur de la couverture, nous pouvons lire cette jolie phrase d'Honoré de Balzac : "Il y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements..."
Attirée d'abord par la couverture (un quelque chose de Murena pour le visage en fond, non ?), puis lisant cette citation, je me dis hier que cette série était pour moi. Quelque peu déçue par les tomes V et VI du Décalogue (mais je lirai les suivants tout de même), il me fallait me plonger dans d'autres dessins, et de nouvelles histoires.
Le début de cette bande dessinée est un peu difficile à saisir : l'intrigue se développe à la fois dans la réalité (celle des adultes) et le rêve (celui de deux enfants prépubères), simultanément à Vienne et à Londres, en surface et dans les sous-sols de la ville. Plus fort encore, il faut suivre que la police tout autant qu'un chercheur autodidacte s'inquiètent en même temps d'une série de morts d'enfants, morts bien sûr de manière bien étrange, puisque c'est à Londres.
Les deux enfants se révèlent dotés de pouvoirs paranormaux, d'une intelligence supérieure. A Vienne, tandis que Freud tente de traduire leurs rêves, de sombres sectaires s'affairent pour les leur dérober...
Le tome n'a pas de fin, et je dois dire que je suis assez tentée d'emprunter le suivant pour connaître le dénouement de cette histoire. Cependant, la série semble n'avoir pas beaucoup de succès. Ce tome 1 est sorti en 2004, le second en 2005. Depuis... plus rien.
J'ai aimé le style du dessin. J'ai trouvé en revanche les textes un peu moins bien soignés au regard du contexte décrit. Ils méritaient d'être un peu plus soutenus. C'est un tome prometteur, malgré un ton un peu confus, car l'intrigue s'agrandit à mesure qu'on approche de cette fameuse fin qui nous laisse sur notre faim. La BD est riche en personnages, mais ils ne sont pas tous développés de la même manière (l'inspecteur méritait un meilleur traitement). Je donnerai sans nul doute des nouvelles du second tome. Peut-être y trouverai-je, à défaut d'un nouveau coup de coeur, le secret de la mystérieuse disparition de l'oeuvre des rayons des libraires.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Par Léthée
Lundi 6 octobre 2008
Je savais que je te rencontrerais
de Patricia Lyfoung (Auteur), Philippe Ogaki (Auteur)

Présentation de l'éditeur : Maud une jeune fille rêveuse et éprise de justice, vit en France au XVIIIe siècle. L'assassinat incompréhensible de son père l'oblige à rejoindre Paris où vit son grand-père, un noble dont elle ignorait jusqu'à l'existence. Elle y croise la route du Renard, un brigand des grands chemins qu'elle admire. Mais elle ne sait encore rien du secret que lui a légué son père et que convoite un mystérieux individu.

Je signale aujourd'hui cette jolie bande dessinée mettant en scène la naissance d'un futur héros qui part vers des aventures de cape et d'épée. Inspirée certainement de Robin des Bois, l'histoire est ficelée de la manière la plus classique : Mise en place du contexte et présentation des personnages, événement perturbateur, quête. Cependant, la quête ici est double, vous le verrez : le héros est en fait une héroïne, et le vengeur masqué lui est à la fois un modèle et un fantasme.. Cet ouvrage s'adresse aux très jeunes amateurs de BD. C'est une bonne entrée en matière qui plaira autant aux filles qu'aux garçons. A lire donc, sans modération. (Je vous donnerai prochainement des nouvelles des 3 tomes suivants).
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Par lethee
Mardi 17 juin 2008
Christian (10 ans) et Patrick (5 ans) sont envoyés dans le Morvan, chez son grand Oncle et sa grande Tante pendant un mois. Cela faisait déjà 5 années que Christian passait ses vacances dans cette maison, mais auparavant, il y était reçu et cajolé par ses grand-parents. Ceux-ci étant maintenant décédés, il va vite se rendre compte que la vie là-bas n'est plus la même, et que les choses ont changé..
C'est avec beaucoup de poésie, et un coup de crayon à la fois enfantin et réaliste que les Flamand Père et fils nous font découvrir la vie à la campagne, loin des parents, dans une ferme isolée, par les yeux d'un enfant. On ne manque pas de s'attacher à ces deux petits bonhommes passant leurs vacances à apprendre sévèrement les règles de la vie de ferme.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Par lethee
Mardi 17 juin 2008
Ce tome 3 de Serge Annequin (Auteur), Jean-Luc Jullian (Auteur) est fabuleux. Chandel, promenant sa nièce au mysée de Lyon, se retrouve sur les lieux d'une crime : on a volé un tableau. Il se trouve en fait que le tableau volé n'appartenait pas au musée de Lyon, mais à celui d'Oslo. En effet, la personne qui a été prise la main dans le sac tentait en fait de ramener Le cri de Munch, subtilisé en 2004. A partir de cet événement, on entre dans une fantastique échappée dans les toiles, au sens propre du terme. L'auteur nous convie chez Stéphane Mallarmé, Edvard Munch et Oscar Wilde, et nous raconte l'histoire de leur rencontre et celle du Portrait de Dorian Gray. Voici donc une jolie invitation au voyage, toute en images.
- Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

En ce moment




Cinéma 2009

Juillet ou la réconciliation avec le cinéma...





Aout... ou le refuge nécessaire des salles obscures...




Recommander

Recherche

Concours

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés