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"Et après ? Une autre besogne... pourquoi ? Dans quel but ? Sans raison, il n'y a pas de but. Et à la fin de la journée qu'arrivera-t-il ? Rien. Et demain ? La même chose qu'aujourd'hui. (...) Non... elle ne pourra jamais. Attendre plutôt. Attendre que quelque chose  arrive... Ce soir ?." La femme de gilles, Madeleine Bourdouxhe, Actes Sud.

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Japonais : Murakami, Tanizaki...

Par lethee
Mercredi 7 mai 2008

Aya-chan est une jeune fille qui habite un orphelinat tenu par ses parents. Elle est donc la seule enfant de l’institut dont on puisse dire qu’elle n’a pas « besoin » d’affection. C’est dans ce contexte qu’elle découvre peu à peu les premiers sentiments de désir. Jun, un orphelin qui vit depuis 10 ans dans la demeure, est l’objet de tous ses regards, tous ses moments de liberté, toute son attention. Tandis qu’elle l’observe inlassablement plonger dans la piscine, que son regard se glisse tout entier entre les muscles du jeune homme et l’eau  ruisselante et enivrante de ses plongeons, un désir bien mystérieux se tisse dans ses tissus nerveux. Dans l’incompréhension de ses nouveaux sentiments et pulsions, le personnage se découvre un goût particulier pour le sadisme. A mi-mots, l’indécent et le vile est esquissé en souplesse. La naïveté de l’adolescence  aveugle cet être en devenir qui ne voit pas, dans ses obsessions, qu’on l’observe également de très près.
Pour acheter La piscine, c'est ici.

A suivre : L'art de la joie, de Goliarda Sapienza

 

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Par Léthée
Mardi 14 août 2007

Achevé le 8 août 2007 dans une chaleur de sable atténuée légèrement par quelques brasses dans une mer transparente, cet ouvrage est à la fois d'une complexité psychologique étonnante et d'une lecture très accessible. Bien que Sonoko, la narratrice rapportant cette histoire à un grand écrivain, nous laisse dès le début supposer le dénouement tragique vers lequel nous allons, nous n'imaginons pas sa complexité, et il est impossible de se résoudre à tant d'immaturité, tant de passion dévorante et inutile. Le japon des années 30 souffrait-il vraiment ainsi ? Il est impensable de délocaliser cette tragédie, ni même de changer sa temporalité. Cela dit, avant de lire un tel déchaînement de passions dévastatrices tout autant qu'incompréhensibles, il était impensable d'imaginer une telle histoire. A l'image de ses Confessions impudiques, Tanizaki offre ici tout un univers où les femmes, une fois encore, se montrent capables du pire pour assouvir leurs passions, leurs exigences. Trahison, mensonge, complot : entrez à votre tour dans un labyrinthe de sentiments dévorants.

 

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Par Léthée Hurtebise
Lundi 12 mars 2007

 Hajime est fils unique. A douze ans, il découvre l'amitié la plus pure, auprès de sa camarade Shimamoto-san, fille unique elle aussi. Ensemble, ils écoutent la musique et épuisent d'improbables conversations silencieuses. Ensemble, ils tissent sans le savoir un lien invisible qui les poursuivra toute leur vie. Adolescent, Hajime connaîtra ses premiers ébats. Il connaîtra le désir, et le reconnaîtra sans pourtant savoir encore ce qu'est l'amour. Certaines vies, sur son passage, seront détruites. Adulte, il mène une vie paisible et prospère, au sein d'une famille heureuse et épanouie. C'est seulement à ce moment qu'Hajime saura éprouver l'amour. Cependant, d'une manière qu'il n'espérait pas, et peut-être trop tard.

  Qui est donc Shimamoto-san ? Que fait-elle lorsqu'elle est absente ? Qu'a-t-elle fait de sa vie durant les 25 dernières années ? Pourquoi surgit-elle seulement les jours de pluie ? Que veut dire ce sourire léger et permanent au coin de ses lèvres ?

 Tout échappe à Hajime, mais également au lecteur qui ne peut s'empêcher d'adhérer aux questions du personnage. Le lecteur EST Hajime, avec son égoïsme, ses doutes, ses peurs, son envie de fuir l'acquis paisible et de poursuivre un dangereux chemin inaccessible. Comme une anguille, elle se faufile et lui échappe. Murakami fait preuve d'un sens inouï du mystère, du mystique, de l'érotisme, et de la poésie. En alliant savamment tous ces talents, il offre un opus délicat et prenant à la fois. Il est impossible de ressortir indemne, inchangé d'une telle lecture. A la lisière du fantasme et de la folie, il nous entraîne au coeur du doute.

 Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, Editions 10/18, 2003, 223 p., 6.56 € sur Amazon.

 

 

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