Bienvenue chez Léthée

"Oui, je sens que c'est le moment de jeter un coup d'oeil en arrière, si je peux, et de faire le point, si je veux avancer.  (...) Moi je ne suis pas de ceux qui risquent de changer de chanson. Je n'ai qu'à continuer, comme s'il y avait quelque chose à faire, quelque chose de commencé, quelque part où aller. Tout se ramène à une affaire de paroles, il ne faut pas l'oublier, je ne l'ai pas oublié."

 

L'innommable, Samuel Beckett, Editions de Minuit, Paris, 2004, p. 81.

 

 

Lundi 23 juin 2008
Je signale dès à présent quelques lectures dont les critiques paraîtront un peu plus tard, étant pour certaines dédiées à de prochains numéros du magazine des Livres.

Parmi elles, Le retour de Bernard Schlink. Le résumé de l'éditeur ce trouve ici.

Il ne s'agit pas du tout du Slam "chanté"..

Ensuite Slam, de Nick Hornby. Présentation de l'éditeur : Vous savez ce que c'est, un slam ? En langage de skateboarder ça veut dire qu'on se casse la gueule. Et moi, le skate et les filles, c'est tout ce qui m'intéresse. Je m'appelle Sam, j'ai 15 ans, je vis avec ma mère qui en a 31. Vous avez pigé : elle m'a eu quand elle avait 16 ans, du coup elle me dit toujours de faire attention avec ma copine. Parce que c'est comme avec le skate : un accident est vite arrivé...


Et une découverte très intéressante dont je parlerai sans y manquer, il s'agit de Grand Père Rosenstein nie en bloc, de Marco Bosonetto (toujours chez Plon) :

Joueur de clarinette, époux volage, père intermittent, instable caractérisé et alcoolique appliqué, Simon Rosenstein achève de consterner sa famille en rédigeant des mémoires où il affirme entre autres que la Shoah n'a pas existé et que les prétendues victimes ont été évacuées par les sionistes vers l'Australie - ce qui surprend quelque peu de la part... d'un rescapé d'Auschwitz. Le grand-père indigne et ses nouveaux amis négationnistes font route pour Paris dans l'intention d'y tenir une conférence de presse. poursuivis par la tribu atterrée, les services secrets israéliens et une fort curieuse secte new age. Au terme de force péripéties, le mystérieux comportement de " pépé Rosenstein " trouvera une bouleversante explication.


A suivre, un bilan des lectures prévisionnelles complété pour l'été : de quoi vous donner quelques idées pour la plage.
par lethee publié dans : Lectures 2008
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Lundi 23 juin 2008
Présentation de l'éditeur : Devant le peu d'exigence du public et l'intronisation de la médiocrité dans l'arène médiatique, la littérature n'a que la ressource de l'esquive ; elle prend le maquis pour se sauvegarder elle-même, vivre à sa guise, continuer de développer dans ses ouvrages des perspectives de plaisir et d'élargissement dans la présence à soi-même et au monde. Jean-Pierre Otte dénonce les méfaits de la culture par tous, l'exception culturelle et autres petites infamies en art et en littérature, le parasitisme et l'onanisme oculaire. En même temps il s'efforce de comprendre l'avilissement et la platitude comme une étape nécessaire dans un processus de renouvellement. C'est dans l'ombre, en coulisse, en marge, que s'invente une culture nouvelle, libre, forte et fertile dont nous avons la plus grande nécessité dans le temps de la rupture et du passage.

J'ai bien failli ne finalement pas présenter ce livre, ne pas en parler, le taire, et surtout, ne pas aller au delà de la première partie, tant elle était sévère, sectaire et méchante. Mais si le discours tend vers l'intolérance, c'est pour mieux revenir ensuite sur l'intérêt de son contraire. A l'heure où les stars de cinéma, les joueurs de football, les chanteurs, et les femmes de ménage écrivent leur histoire, où l'on l'achète et la lit en grande quantité au détriment de la littérature dite érudite, intellectuelle et recherchée, il faut bien reconnaître que nous sommes à un point sacré de rupture et de passage. Comme le dit Jean-Pierre Otte : "Dans sa politique, la culture par tous a bénéficié de l'apport réellement étonnant des techniques nouvelles, notamment d'un étalage allant de l'appareil photo au caméscope numérique, si bien qu'il suffit d'acquérir le matériel, d'en actionner la commande, de produire le déclic, pour que l'on obtienne de toute maniètre quelque chose : tout le monde est capable d'une image." Le théâtre et la littérature n'échappent pas à cette règle. Il va plus loin "Un résultat qui pourrait même sembler artistique quant il joue avec les effets et les hasards, et qu'un discours intellectuel vient l'expliquer, l'enrichir et le porter à des hauteurs considérables". C'est ce que j'appelle intellectualiser la choucroute.
J'ai bien failli donc, ne pas terminer cet ouvrage, méchant, mais tellement vrai, vous le voyez. Quand je disais que le théâtre n'échappe pas à cette règle, de décors minimalistes et décodés, se voulant décalés et torturés lorsqu'ils ne sont que le symbole d'une rupture avec ce qu'il est trop compliquer de poursuivre, c'est à dire, le symbole d'une flemme fâcheuse et terriblement à la mode car, se suffisant dans sa différence pour être appelée "art" : "l'on a vu jouer Andromaque dans le décor d'un vestiaire sportif avec douches à senestre et chiottes à dextre ; Hamlet dans une casse de voitures, avec ça et là des matelas d'une étonnante qualité élastique pour assurer le rebondissement de l'action en même temps que celui des comédiens" (p.98). On ne peut pas faire du théâtre dans la pause, avec seulement un infirme, une échelle et deux jarres, comme Beckett, sans avoir le texte, ou prendre le texte et l'habiller de rien. L'art n'est pas seulement le fruit du hasard.
Il faut au contraire savoir étudier le passé, s'en nourrir, le réfuter oui, puis en ressortir grandi, et donner naissance à un art nouveau. Nous sommes à la charnière et de grandes choses vont se passer, mais ne se passent pas encore. Etudions donc : "L'entreprise est de récapituler les épisodes précédents pour émerger dans le présent et prendre pleine mesure, prendre même une démesure, connaître l'ivresse et le vertige, quand la créativité n'est d'abord que le désir de redonner une vie nouvelle aux échos de l'origine. Etre universel, a-t-on dit, c'est être unique et verser en même temps dans tous les sens. "
par lethee publié dans : Lectures 2008
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Dimanche 1 juin 2008
Présentation de l'éditeur : Ils disent, par exemple : Apollon. Ou : la Grande Tenue. Ou : Râ, le dieu Soleil. Ou : Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d'histoires, inventent toutes sortes de chimères. C'est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l'interprétant, c'est-à-dire en l'inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates. Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle - sans l'imagination qui confère au réel un Sens qu'il ne possède pas en lui-même - nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures. N.H.

Avec L'espèce fabulatrice, Nancy Huston se livre à un petit essai à propos des fictions. Lesquelles ? Toutes. De notre nom au projet de livre du romancier, en passant par la destination de vacances idéale ou les causes de la guerre : tout n'est que fiction. Nos croyances sont des fictions, des choses qu'on pourrait tout aussi bien (choisir de) ne pas croire. C'est cette citation de Romain Gary qui sert d'entrée en matière : « Rien n'est humain qui n'aspire à l'imaginaire ». En dix chapitres intitulés Naissance du sens – Moi Fiction – John Smith – Le cerveau conteur -En route pour l'arché-texte – Croyances – Fables Guerrières – Fables intimes – Persona, personnage, personne – Pourquoi le roman – Nancy Huston souhaite apparemment répondre à la question que lui posait jadis une détenue (ou bien est-ce un point de départ lui aussi fictionnel ?) : « A quoi ça sert d'inventer des histoires, alors que la réalité est déjà tellement incroyable ? » (p.11). Elle explore alors, en dix thèmes, dix aspects de la fiction, de la réalité, et de l'imaginaire. Le sens n'existe que par l'humain qui est l'unique espèce à se raconter des histoires. Cette vérité-la me gêne beaucoup : « L'univers comme tel n'a pas de sens. Il est silence (p. 15)». Elle me gêne car elle relève tout de même d'un certain égocentrisme. Certes, l'homme se plaît à penser qu'il est le seul à pouvoir le faire (penser). Certes, nous sommes les seuls à faire réellement du bruit. C'est certain. Nous faisons tellement de bruit qu'au fond, nous finissons aussi par ne parler que de notre bruit. Tel un serpent qui se mord la queue, l'humain n'est capable de faire une chaîne redoutablement solidaire que dans le but de parler de lui-même. Lui-même étant son seul sujet de conversation possible, il est certain que le reste devient tout à fait insignifiant.. Il m'est avis que – sans vouloir verser dans le nihilisme ou la morale – la beauté a son propre sens. Autrement, pourquoi nous battons-nous depuis des siècles pour le découvrir ? Le mouvement a son propre sens : pourquoi n'en avons-nous pas encore découvert tous les secrets ? La théorie de Nancy Huston pourrait être juste, si elle n'était à ce point gênante : si je décide de la croire, je suis d'accord pour dire que l'univers n'existe que parce que je lui donne du sens, donc, qu'il n'existe que dans ma tête. Que c'est une fabulation. Des milliards de cerveaux imaginent donc chaque jour le monde. Laisse-t-on les femmes afghanes exprimer leur imaginaire ? Les africains ? Disons plutôt que le monde est fait de l'imagination de certains privilégiés qui entendent le posséder. Non, ce qui disparaîtra après notre départ, ce n'est pas la signification du monde, mais la signification de l'humain. Sans vouloir sortir la carte de l'écologiste, l'humain donne un autre sens au monde, mais ne lui donne pas tout son sens.
Oui, pour dire de telles choses, nous sommes des fabulateurs. Il n'y a par contre aucun doute là-dessus. Que notre mémoire soit une fiction, si bien qu'elle finisse par nous mentir : oui. On serait-tenté de dire bon sang, la guerre et les massacres ne sont-ils pas bien réels ? Certes, mais selon le raisonnement de Nancy Huston, si la guerre est réelle, elle est née de ce que les hommes ont imaginé : un autre monde, un autre idéal, un chaos. Donc une fiction. Je pourrais continuer ainsi, à reprendre l'ouvrage entier, cependant... je crois que je vais conclure par deux dernières choses. La première est cette page clé, qui résonne un peu comme une justification (p. 51) : « Voici les phrases que j'entends le plus souvent à mon sujet : « Elle cherche son identité » ; « Elle est déchirée entre plusieurs identités »... Non, non, je ne me porte pas mal du tout, merci. Simplement, le fait d'avoir occupé plusieurs cases sur l'échiquier identitaire me permet de voir le caractère fictif de l'identité des autres... ». Non. Tout ne va pas bien dans cette affirmation. Premièrement je dirai (pardon d'être aussi contradictoire ce matin) que chercher son identité n'est pas un signe de malaise. C'est probablement un signe d'intelligence. En second, il n'est pas sûr que l'on puisse affirmer le caractère fictif de l'identité des autres à partir de sa ou ses propres identités. Nancy Huston le dit elle-même.. tout n'existe que par l'imaginaire et par conséquent, dans notre tête. Nul ne peut se substituer à l'imaginaire de l'autre.
Mon imaginaire, le mien, vient de me montrer à mon bureau, dans cinq minutes environ, avec une bonne tasse de café bien chaude. Par conséquent, je vais poursuivre cette chose que j'appellerai volontiers désir – un désir bien réel qui me tient l'estomac, l'oesophage et les trippes – et mettre un terme à cet article en concluant.
Le meilleur chapitre est peut-être celui intitulé « John Smith ». Dans celui-ci, Nancy Huston invente de toute pièce un personnage, sa vie, sa mort, les conséquences de celle-ci... Cette petite fiction n'est là bien sûr que pour ettayer son essai sur la fiction. Cependant, c'est celui dans lequel elle a été la plus habile, la plus « Nancy Huston de l'époque de L'Emprunte de l'ange ». Le second chapitre le plus intéressant – et là Nancy Huston devient palpitante, fabuleuse plus que fabulatrice, c'est celui intitulé Persona, personnage, personne. Ce chapitre parle.. du roman et de la place du roman dans la vie de ceux qui les lisent. Ici elle donne des références littéraires plus qu'universitaires et raconte l'expérience d'une petite fille, Matilda, qui croit davantage aux personnages littéraires qu'à ceux tant chéris par sa mère, dans la Bible. Elle explique que le roman est enrichi par nos fictions, et que nos vies peuvent être enrichies en retour par la littérature. Voilà une bien belle pensée qui devrait faire réfléchir ceux qui trouvent idiot de devoir lire encore à l'école La princesse de Clèves.
J'en tire une conclusion toute bête. Nancy Huston est une vraie romancière, passionnée par le roman, qui est douée pour la fiction romanesque. Je cesserai désormais de lire ses essais. C'est un choix arrêté ; j'admire le fait qu'elle se documente autant, qu'elle s'enrichisse sans cesse et souhaite ensuite écrire un ouvrage sur un thème aussi complexe, auquel je n'ai probablement pas tout compris. Cependant une chose est sûre : son vrai métier est d'écrire des histoires telles que Dolce Agonia, avec des personnages de fiction auxquels on a envie de répondre, qu'on voudrait croire réels. A mon sens, le travail de l'Espèce fabulatrice est monumental et l'ouvrage que j'ai entre les mains ne peut être une version achevée : tant dans la consistance par rapport aux sources, que dans l'écriture qui est parfois trop journalistique et sentencieuse. Que l'auteur me jete une pierre s'il n'y a pas un fond de vérité. Je la recevrai pour de bon, et l'accepterai. Mais je ne cesserai pour autant de croire en la quasi-inutilité de ma lecture, du temps consacré à elle, que j'aurais mille fois préféré investir dans la lecture d'un bon roman à la Huston.

par lethee publié dans : Lectures 2008
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Mercredi 28 mai 2008
Résumé de l'éditeur : À quinze ans, Karl Vogel est atteint d’une tumeur au cerveau. Sa mère le conduit à l’hôpital avec la tête d’une femme qui va perdre son fils. Et lui ne sait pas où trouver la force de lui donner tort. Il subit des traitements lourds – chimiothérapie et radiothérapie – mais connaît quelques moments de rémission durant lesquels il s’interroge sur son corps. Le garçon a hérité de la fascination de son père pour la Grande Guerre, champ de bataille sur lequel il fantasme ses exploits. Mais bientôt il s’intéresse aux musculatures d’athlètes. Sa passion va dès lors à l’idéologie nazie dans laquelle il voit une réalisation de la volonté de puissance. Il décide de devenir le Führer de son corps. Sa rage de guérir déclenche sa volonté de domination. Mais celle-ci ne va pas se limiter à son organisme malade. Mettant en pratique sa nouvelle foi, il décide d’« agrandir son territoire », fait des conquêtes parmi les autres patients, les abandonne, décide qui doit vivre et mourir.

Cette première lecture de Stéphanie Hochet est une belle découverte. Le personnage de Karl se situe loin des clichés d'adolescence banale. Le fait qu'il fut atteint d'un cancer laissait craindre un certain pathétique romanesque mais il n'en est rien. Le plus cruel, dans le roman, n'est pas le mal, mais le personnage lui-même. « Combattre le mal par le mal ».
C'est d'abord par le verbe que Karl entend dominer ses pairs. Puisant dans leurs faiblesses pour les asservir, les séduire, puis les mettre à sa merci, Karl se prête très habilement au jeu de la torture des mots. Finalement, c'est allongé, malade, soumis aux traitements qu'il se révèle le plus dans son caractère dominant. C'est alors une découverte enrichissante pour lui, qui l'amènera à vite se lasser des proies les plus faciles. Un soumis n'éveille plus le désir. Par conséquent, il se tourne vers des proies plus tenaces, plus belles aussi.. et surtout plus morbides.
Sa tumeur fait de lui l'élu : c'est chez lui qu'elle s'est installée, et chez personne d'autre. Toute la cruauté de son jeune âge est exhacerbée par cette conscience/inconscience du monde qui l'entoure. Encore une histoire d'adolescent/Dieu ? Non ! Bien mieux que cela. Karl avoue volontiers et volontairement sa passion pour le nazisme, les guerres, et l'extermination. A travers ce goût de l'horreur, ce que Karl exprime avant tout, c'est le désir d'être craint. Plus que tout l'horreur fait peur, est en marge, est différent, et effraie inmanquablement. N'est-ce pas le privilège du marginal que de faire peur à la norme ?
Tant que le verbe est présent, que la parole s'active, alors l'acte semble impossible. Dans le silence, la barbarie s'offre à la nuit. Voilà comment on pourrait résumer l'évolution de cet être qui après avoir tant séduit par son verbe se transforme volontairement en marbre silencieux, se prêtant à une anorexie verbale des plus redoutables.
Au fond, la force de Karl, c'est la fantasmagorie. Celle-ci, même morbide et machiavélique, le sauve de son malheur. Comme le dit Nancy Huston, dans L'espèce fabulatrice (page 128) : « Les fariboles sont précieuses, miraculeuses. Elles nous permettent, les yeux fixés sur l'idéal, de tenir le coup dans l'adversité. ».

Quelle joie d'avoir lu ces deux livres en même temps ! Magie de la littérature s'auto-illustrant comme un miroir magique !

Enfin, je dois saluer l'écriture de Stéphanie Hochet. Outre quelques belles références, vous trouverez dans ce livre des petites perles de réflexions, servies par une écriture très soignée. Comme Karl, le style de ce roman est hargneux mais s'inscrit toujours dans une rigueur qui fait plaisir à lire dans le lot des jeunesses littéraires. 
par lethee publié dans : Lectures 2008
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Mercredi 7 mai 2008

Aya-chan est une jeune fille qui habite un orphelinat tenu par ses parents. Elle est donc la seule enfant de l’institut dont on puisse dire qu’elle n’a pas « besoin » d’affection. C’est dans ce contexte qu’elle découvre peu à peu les premiers sentiments de désir. Jun, un orphelin qui vit depuis 10 ans dans la demeure, est l’objet de tous ses regards, tous ses moments de liberté, toute son attention. Tandis qu’elle l’observe inlassablement plonger dans la piscine, que son regard se glisse tout entier entre les muscles du jeune homme et l’eau  ruisselante et enivrante de ses plongeons, un désir bien mystérieux se tisse dans ses tissus nerveux. Dans l’incompréhension de ses nouveaux sentiments et pulsions, le personnage se découvre un goût particulier pour le sadisme. A mi-mots, l’indécent et le vile est esquissé en souplesse. La naïveté de l’adolescence  aveugle cet être en devenir qui ne voit pas, dans ses obsessions, qu’on l’observe également de très près.
Pour acheter La piscine, c'est ici.

A suivre : L'art de la joie, de Goliarda Sapienza

 

par lethee publié dans : Lectures 2008
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