Persepolis, de Marjane Satrapi

Publié le par Léthée

Tout d'abord merci à Celeborn de m'avoir une nouvelle fois fait découvrir un bel ouvrage. Au premier abord, et malgré mon engoûment tout jeune pour la bande dessinée, je craignais de ne pas apprécier l'aspect « noir et blanc » du livre de Satrapi. C'était une erreur, car on se familiarise vite avec ce dessin si ingénieux dans sa simplicité. Marjane Satrapi possède un véritable don pour la peinture toute bête des expressions les plus fondamentales du visage et du corps. Dans son ouvrage, il est des bulles où peu nous importe le texte tant le regard du personnage y est expressif et poignant.

 
A la fois histoire d'un pays et expérience d'une enfant/adolescente/femme, Persepolis gagne sur tous les terrains. Une esthétique surprenante et vraiment personnelle, originale tout d'abord. Ensuite, c'est la force d'un destin qui frappe le lecteur. Ce destin n'en résonne que davantage aujourd'hui (voir le fameux papier de Nabe sur l'Iran, le 31 octobre dernier). Dans cette histoire d'une traversée d'un cityoen le long des guerres de son pays en sang, en deuil, en perdition, on se surprend à réaliser que la distance ne doit pas nous faire oublier cette étrange familiarité avec des êtres en proie à une perte inéluctable : celle de leur propre destin, celle de la paix.

 

[D'après Amazon]

 

 

Toute petite, Marjane voulait être prophète. Elle se disait qu'elle pourrait ainsi soigner le mal de genoux de sa grand-mère. En 1979, l'année de ses dix ans et de la révolution iranienne, elle a un peu oublié Dieu. Elle s'est mise à manifester dans le jardin de ses parents en criant "à bas le roi !". Là, elle s'imaginait plutôt en Che Guevara. Il faut dire qu'à l'époque, son livre préféré s'appelait Le Matérialisme dialectique. Marjane trouvait d'ailleurs que Marx et Dieu se ressemblaient. Marx était juste un peu plus frisé, voilà tout. Après, la vie a continué, mais en beaucoup moins drôle. La révolution s'est un peu emballée. Et la guerre contre l'Irak est arrivée…
Dans Persepolis, Marjane Satrapi raconte son enfance sur fond d'histoire de son pays, l'Iran. 
 « C'est un récit drôle et triste à la fois, parfois cocasse, souvent touchant. Mais toujours passionnant. C'est aussi un petit événement : il s'agit de la toute première bande dessinée iranienne de l'Histoire… » --Gilbert Jacques

 

 

 

Publié dans Archives Littéraires

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