Tout ce que j’aimais, de Siri Hustvedt

Publié le par Léthée

[Présentation de l’éditeur : Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d'artistes ont partagé les rêves de liberté de l'époque. De l'art et de la création, ils ont fait le ciment d'une amitié qu'ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n'a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies... Siri Hustvedt convie ici à un voyage à travers les régions inquiétantes de l'âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j'aimais est le roman d'une génération coupable d'innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de son beau rêve.]

 
Achevé il y a maintenant plus d’un mois, cet ouvrage a fini de me faire oublier Les hirondelles de Kaboul, petit ouvrage inachevé(1) et désormais inachevable. Vous ne connaissez pas cet auteure ? Tâchez de retenir son nom. Bientôt, il ne sera plus question de l’appeler « la femme de Paul Auster ».

Tout ce que j’aimais est un vrai roman. Tout tissé de fiction, ficelé comme une vraie vie, il est la conséquence directe d’un talent caché qui se dévoile après avoir grandi dans l’ombre. Le narrateur y expose ni plus ni moins que sa vie, avec ses désirs, ses souvenirs bien sûr, ses doutes. Posant sur la table d’écriture tout ce qui l’a conduit à sa vieillesse, il se confit comme un ami qu’on écoutera avec compassion et bienveillance. C’est l’ami qu’on imagine avoir lorsqu’on croise le regard d’un complice de tous les jours. C’est l’histoire d’une amitié d’artistes, de vies mêlées, imbriquées, chiffonnées et malmenées. C’est l’histoire d’un gain inoubliable, de pertes irremplaçables. C’est aussi des destins qui marqueront à jamais la vie d’ lecteur, si exigent soit-il. Rares sont les ouvrages nous laissant des souvenirs aussi vivants, si vivants qu’on croirait découvrir le visage d’un des personnages derrière la porte ou assis à la table de la cuisine, analysant encore et encore sa conscience et ses désirs, le regard perdu dans un tableau accroché au mur d’en face. Une lecture garantie sans interruption, et de plus en plus intense à mesure qu’on approche de sa fin, si regrettée.
(1) Les hirondelles de Kaboul, livre oublié sur mon lieu de travail, regretté pendant toutes mes vacances, et désormais rendu illisible par la lecture de Tout ce que j'aimais.

Publié dans Archives Littéraires

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