La tempête, de Juan Manuel de Prada

Publié le par Léthée

Concernant mes lectures, j'ai tenu quelques promesses, remplacé quelques livres par d'autres, oublié les derniers chez moi, évité d'emporter La recherche, trop volumineux pour ma voiture... voici une de ces lectures, encore :

 


 

Il semble que les analyses de tableau soient un sujet en vogue. En effet, la lecture d'images touche énormément la littérature contemporaine. De Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt que je suis en train de lire au Da Vinci Code de Dan Brown en passant par La tempête de Juan Manuel de Prada, nous assistons à l'émergence d'une catégorie d'auteurs qui se revendiquent comme des artistes complets capables d'écrire de la littérature incluant tous leurs talents d'érudits. Si ce dernier roman peut rappeler, dans ses premières pages, le Best-Seller qui fit de Marie-Madeleine et De Vinci le centre d'une intrigue, il faut se garder de ne pas confondre les deux ouvrages. L'intrigue de l'un est compliquée, orchestralement savante, grossièrement racoleuse. Celle de l'autre est plus simple mais à la fois plus tangible, plus poétique, plus personnelle. On l'aura deviné, mon suffrage va vers La tempête. L'auteur nous sert une intrigue qui n'est peut-être que le prétexte à l'évocation du tableau de Giorgione, nous explique que l'étude du tableau, au chapitre 7, a été faite par son père, et qu'elle n'a rien à envier aux professinnels. On sent l'auteur dans chaque page, dans sa manière de préférer les femmes à la cellulite abondante, dans sa façon de nous rappeler sans cesse lorsqu'il approche une femme qu'il est un célibataire endurci, proche du Sacerdoce. On reprend encore plusieurs fois de ces phrases répétitives qui, m'a dit mon petit nez, perdent sans doute de leur éclat à leur passage dans la langue française. C'est avant tout cette poésie, cette insistance à nous peindre Venise, aussi, comme une future Pompéï qu'il sera impossible de sauver des eaux, nauséabonde et mauribonde tout autant que jalouse de ses nombreux secrets, c'est tout cela qui prouve que l'auteur a fait un ouvrage plus personnel, et par conséquent, plus remarquable. Saluons au passage le petit logiciel de recoupement des ouvrages « analogues » mis en place sur le site d'Amazon. La tempête est conseillé par Amazon si vous avez aimé L'ombre du Vent de Carlos ruiz Zafon. Si vous n'avez encore lu aucun de ces deux ouvrages, vous avez alors manqué de très beaux moments de lecture contemporaine.

 

Publié dans Archives Littéraires

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Nadège 19/10/2008 15:01

Oui, le logiciel mis en place sur Amazon est vraiment bien fichu. En fonction des recherches, des achats effectués... il nous restitue les oeuvres qui pourraient nous plaire (avec qq couac quelquefois).Bises.

Léthée 20/10/2008 11:02


Ahah ! Oui. Les couacs c'est certain. J'aurais quelques exemples à fournir... mais je préfère m'abstenir.