Asiles de fous de Régis Jauffret

Publié le par Léthée Hurtebise

Rien d’étonnant à ce que le prix Fémina soit décerné cette année à Régis Jauffret. Pour un peu, on pourrait croire qu’il a écrit se livre pour elles, les femmes. Avec le prétexte d’une séparation plutôt étrange l’auteur peint l’absurdité de l’environnement familial, la gaucherie et la lâcheté masculines. Il choisit pour ce faire de nous offrir un narrateur féminin : c’est le rôle de la fille plaquée par son petit ami, lequel choisit de lui annoncer la chose par l’intermédiaire de son père. La pauvre, qui a toutes les raisons du monde de lui en vouloir et d’en vouloir à ces beaux-parents qui se découvrent plus odieux encore que d’ordinaire, se heurte ensuite à la belle-mère : « Nous aimerions que vous disparaissiez. Partez, volatilisez-vous, habitez désormais un pays étranger sans monuments, sans curiosités, au climat épouvantable, où nous pourrons avoir la certitude absolue que Damien ne partira jamais en vacances. ». Et elle, de ne pouvoir répondre que par le silence. Il est bien là le problème : comment ne pas rester sans voix ? Après tout, la rupture elle en est « l’objet » mais pas forcément la « cause » ! L’homme est ainsi fait qu’il ne s’intéresse pas aux chômeuses ! Mais ne dévoilons rien de plus, la suite est croustillante, terriblement comique et tragiquement hilarante : tout ce que les femmes aiment chez un homme.

  © Léthée Hurtebise – 01/12/2005 pour La presse littéraire n°1

 

Publié dans Archives Littéraires

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