Les amants Papillon de Benjamin Lacombe

Publié le par lethee

41xZS74-LOL.-AA240-.jpgTout d'abord, le format de l'ouvrage n'est pas commun. En hauteur, il ne rentre dans aucun rayonnage de la bibliothèque, même pas celui prévu pour les bandes dessinées.
On le feuillete une première fois... il y a très peu de texte. Il y a un effet inattendu au niveau de la première page : un motif y est ciselé, très élégant, très surprenant. Cela donne un côté fragile à cette BD géante, gracieuse et colorée, dans les tons bien entendu d'un Benjamin Lacombe éternellement attiré par les rouges japonais. 
Très peu de texte en effet pour cette BD jeunesse dans laquelle on surprend des pages blanches. Peu de texte car c'est aux images qu'il faut s'attacher. Les kimonos, les décors, les visages, et plus que tout les  mouvements sauront se faire apprécier : Benjamin Lacombe joue et rejoue de tout le corps, des étoffes aux cheveux en passant par le teint des visages. Et il prend soin de son lecteur ! Un petit lexique est disponible pour vous délivrer quelques secrets de la langue japonaise.
Mais ce peu de texte abrite une histoire des plus ambigües. Très elliptique pourtant, on sent la tentation d'aller vers un tabou (surtout au Japon !), d'aller à la frontière du malaise.
Les amants Papillon en effet, c'est l'histoire d'une jeune femme qui ne rêve que de faire de la littérature, comme les hommes. Malheureusement, on l'envoit à Kyoto, comme toutes les jeunes filles, afin d'apprendre pendant 5 ans, loin de sa famille, tous les rudiments des bonnes manières et du savoir-paraître japonais. Elle décide alors de se déguiser, et de se fondre dans Kyoto dans l'habit d'un homme. C'est là qu'elle rencontrera un camarade étudiant en littérature. Ce dernier sera troublé, car il tombera amoureux d'un être visiblement du même sexe que lui...
Troublant ! Beau ! Très talentueux !.. et très décoratif ! A lire, même si on préfère soit les vrais BD, soit les ouvrages de dessin, ou bien si on est amateur des deux catégories !

Publié dans Archives Littéraires

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