Citation du moment.
"Aimer quelqu'un, c'est aussi aimer le bonheur de quelqu'un." Françoise Sagan

"Aimer quelqu'un, c'est aussi aimer le bonheur de quelqu'un." Françoise Sagan
Voici un livre qui rassemble une troupe peu ordinaire. A vrai dire, on
ne connaît probablement que très peu d'ouvrages qui puissent rassembler à la fois chefs d'Etats, scientifiques, romanciers, prix Nobel, comédiens, peintres, réalisateurs, humoristes,
psychanalystes, et bien d'autres encore.
Tout ce beau monde est couché là, en quelques pages, et s'exhibe de ses plus belles réparties, coups de gueule, ou phobies. Ils ont traversé l'Histoire et l'ont marquée de leur empreinte. Même dans ses visites au Musée du Louvre, à la galerie Borghèse, aux Châteaux de Blois et de Grignan, le Français ne frétille jamais plus docilement que lorsqu'il entend une anecdote croustillante et inédite au sujet de La Joconde, des Médicis, du Duc de Guise ou de Madame de Sévigné. Oui. Ce qu'on retient le mieux, et le plus longtemps, ce n'est pas la date du traité ni celle du sacre, mais belle et bien l'emplacement secret d'une clé, et l'image du sacré verrou d'une chambre nuptialo-royalo-adultère. Ces petites pépites privées et people des illustres noms sont bien plus divertissantes que l'ordre des Louis dans la monarchie française. Ce sont les petites et grandes anecdotes qui nous amusent par dessus tout et font que l'on se souvient d'ailleurs des plus grands noms, plus que les catastrophes ou jours glorieux qu'ils ont connus ou suscités.
Ainsi l'on retient que Balzac, à l'instant de sa mort, réclamait à son chevet un de ses personnages, l'illustre médecin Horace Bianchon. On s'amuse d'imaginer Faulkner se faisant passer pour un de ses jardiniers dans son propre champ, disant à ses créanciers : "l'ai point vu !". On raffole du devenir de la médaille d'honneur obtenue par Pierre et Marie Curie. On est plié devant l'humour de Churchill, bon prince. On s'agenouille devant le génie de Beethoven s'aspergeant goulûment d'eau pour composer sereinement. Surtout, on plaint nombre de recruteurs qui ont jadis opposé un « non » catégorique à un futur compositeur de génie, à un des plus grands auteurs du XIXème siècle.
Ce petit panier de potins est enfin un pur bonheur à grignotter dans le sens souhaité, en parcourant l'index ou bien d'une traite. En le lisant en une seule fois on se rend compte à certaines petites répétitions, qu'il a été conçu pour être mangé comme une boîte de chocolat : au gré des humeurs et des envies. C'est ce qui permet au lecteur de n'être jamais perdu ni dans les généalogies, ni dans le contexte des petites histoires.
C'est succulant, et on en redemande : pourquoi pas un prochain tome regroupant les plus anciens ? Rabelais et Montaigne, Robespierre et Danton, Louise Labbé et Delacroix... Allez, parions que Daniel Lacotte parviendra à nous dénicher tout cela pour nos dimanches pluvieux !
LES PETITES HISTOIRES DE LA GRANDE HISTOIRE
de Daniel LACOTTE
Albin Michel, Avril 2009, 264 pages
Léthée Hurtebise, Magazine des Livres 2009
Que feriez-vous si vous entendiez, au milieu de la nuit, une
jeune femme crier « Au secours, à l’aide !... il m’a poignardée.. je vais mourir… » ? Seriez-vous, cher lecteur, victime du syndrome Kitty Genovese ?
« Mais qu’est-ce donc ? » me direz-vous… Il s’agit d’un des plus grands maux de ce monde, et aussi l’un des plus méconnus. C’est pourtant en s’essayant à l’exercice de l’implication d’un fait divers dans une œuvre romanesque pour la collection « Ceci n’est pas un fait divers » chez Grasset, que Didier Decoin, journaliste mais aussi écrivain, a fini par évoquer ce syndrome très révélateur du comportement de la société. Pour ce faire, il a choisi pour théâtre le crime perpétré contre Catherine Genovese, Italo-américaine assassinée sauvagement en 1964 par Winston Moseley.
Qu’y a-t-il de pire ? Le crime ou l’absence d’acte pour l’empêcher ? La sauvagerie ou la lâcheté ?
A vrai dire, c’est tout l’enjeu du roman, qui pointe ce crime catalogué au départ dans les « faits divers », parce qu’il n’en est pas un. Un journaliste de l’époque a si bien poussé son enquête et ficelé son papier que le procès, le crime, le meurtrier ont incité toute une société à s’interroger sur elle-même.
Il faut remettre le crime dans son contexte. Tout crime est monstrueux. Que le criminel n’éprouve aucun remords l’est encore plus. Qu’un témoin n’intervienne pas, et c’est un double crime. Mais qu’un assassin bénéficie de 35 minutes très longues pour violenter, torturer, égorger sa victime avec 38 témoins aux aguets prêts à retourner sagement sous leur couette sans réagir et l’acte criminel ressemble soudain à une maladie contagieuse qui se répand plus vite encore pour exterminer toute humanité dans l’homme.
Voilà comment Kitty Genovese est morte nous explique-t-il. Elle pensait être de ces humains qui l’ont vue derrière leurs rideaux, et sur lesquels elle comptait de la même manière qu’ils auraient pu compter sur elle. Grave erreur. Car si le crime est une erreur, l’empêcher fait encore plus peur.
S’il est bien un point commun à tous, c’est celui qui consiste à s’identifier à la victime. Mais à trop s’identifier on prend peur, et les écoutilles se ferment. L’identifiable s’identifiant a deux solutions : agir par compassion, par héroïsme. Ne rien faire pour ne pas risquer d’échanger sa place.
Mais que risquait-on à décrocher son téléphone pour prévenir quelqu’un de capable d’appréhender le coupable ? Rien. Et là intervient le syndrome tristement célèbre : si les fous rient plus fort lorsqu’ils sont plus nombreux, lâcheté, elle, a le pouvoir de se multiplier par autant d’individus. C’est ainsi, plus on a d’yeux, moins on agit.
On appellerait volontiers ce syndrome « poupées russes » où chacune compte sur l’autre pour renfermer le courage qu’on cherche tant, indéfiniment….
Didier Decoin nous offre là un roman angoissé et angoissant, pour autrui et pour soi-même. Le narrateur, c’est finalement la conscience de chacun : celle des victimes, celle du meurtrier, celle des juges et des témoins, celle de celui qui aurait voulu agir et qui pourtant doute encore de ses capacités en pareilles circonstances.
L’écriture de Didier Decoin n’est pas que la retranscription d’un témoignage, comme elle pourrait le
laisser croire : elle se fait perspicace et persuasive, inquisitrice, dévoratrice. C’est un roman que chacun devrait lire pour voir encore une fois de quoi la société est capable… ou comment
les individus se rendent soudainement incapables d’humanité.
Léthée Hurtebise - Magazine des Livres
A l'occasion du cinquantenaire de la disparition de Boris Vian, en 2009, la Cohérie Boris Vian a collaboré à
nombre de projets entourant cet anniversaire, dans tous les domaines artistiques chers à Boris Vian.
Voici le site qui lui est consacré :
http://borisvian2009.blogspot.com/
Vous y retrouverez notamment les références des 33 livres réédités chez LDP avec des couvertures créées à partir
des objets personnels de l'auteur. C'est assez réussi.
Présentation de l'éditeur
2009
Dans votre dernier roman, Un dieu un animal, le narrateur est témoin
de la vie de vos personnages. Il parle à ce jeune homme qui revient, tel un étranger, dans son village natal. Pourquoi avoir adopté ce point de vue ?
Hier je vous signalais l'excellent article de Lou sur Combat de l'amour et de la faim, livre fermemant défendu par mes soins, et qui a obtenu le Prix Lilas 2009.
Aujourd'hui j'ai encore une......... GRANDE NOUVELLE !!!
Celle-ci concerne cette fois Un dieu un animal, que j'ai présenté ici il y a peu de temps. L'auteur Jérôme Ferrari m'a accordé un entretien que je mettrai en ligne demain, pour le magazine des
livres.
Hier soir, il a obtenu le PRIX LANDERNEAU
2009, prix organisé par les Espaces culturels Leclerc (qui n'ont pas retenu ma candidature pour être libraire
chez eux, glurp
).
Je félicite chaleureusement Jérôme Ferrari, donc, ainsi que Carole Zalberg qui m'a permis de découvrir cet auteur grâce à ses rencontres à la librairie la Terrasse de Gutengerg à Paris (prochaine
rencontre à 19h30 le 11 juin : François Bégaudeau), ainsi que moi-même pour mon bon goût littéraire.
Je suis
toujours très contente lorsque cela arrive, et donc, ça mérite grandement d'être signalé :
Il y a quelque temps je vous parlais de Combat de l'amour et de la faim, de Stéphanie Hochet, et vous en vantais les mérites. Quelques semaines plus tard, nous apprenions que le livre obtenait le
Prix Lilas 2009.
Voici maintenant que Lou, qui a lu mon article ainsi que celui
d'Ameleia, a fini par se procurer le livre, le lire, l'apprécier et... en faire à son tour un excellent article que vous pourrez
lire ici.
Voilà de quoi m'aider à terminer cette belle journée le sourire aux lèvres.
La mère dort : alors la fille veille. Et si
bien, au fond, qu'elle voit ce qui n'est pas, comme la plus salutaire des apparitions. Voici encore un ouvrage bien singulier de Nathalie Kuperman, qui offre à son personnage la possibilité d'une
présence fiable au sein même de son imagination.







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