Bienvenue chez Léthée

"Oui, je sens que c'est le moment de jeter un coup d'oeil en arrière, si je peux, et de faire le point, si je veux avancer.  (...) Moi je ne suis pas de ceux qui risquent de changer de chanson. Je n'ai qu'à continuer, comme s'il y avait quelque chose à faire, quelque chose de commencé, quelque part où aller. Tout se ramène à une affaire de paroles, il ne faut pas l'oublier, je ne l'ai pas oublié."

 

L'innommable, Samuel Beckett, Editions de Minuit, Paris, 2004, p. 81.

 

 

Lundi 21 avril 2008

 

Ken Follett, roi du suspens, de l’intrigue, du roman noir. Ken Follett, écrivain britannique de 59 ans, a fait ses preuves avec de très bons romans d’espionnage, tels que Le réseau Corneille ou Le vol du frelon. Il s’est démarqué avec d’excellents romans policiers – Peur blanche. On le classerait volontiers, en voyant son palmarès, ses Best-sellers, ses genres de prédilection. Ce serait négliger non seulement la plus remarquable, la plus époustouflante, mais également la meilleure part de son œuvre : Les piliers de la terre. Ken Follett écrit aussi des romans historiques et parmi eux également Le pays de la liberté (1), La marque de Windfield (2). (prochains à installer sur la pile après mes listes de lecture).

 

L’histoire

L’histoire des Piliers de la terre se situe en Angleterre, au Moyen-âge. Bien loin des virus et autres problèmes génétiques de notre ère et des suivantes, Ken Follett installe au contraire son intrigue au cœur d’un temps qui nous est à priori, à moins d’avoir étudié la période, plutôt lointain et parfaitement inconnus.  Les personnages sont donc bien ancrés dans leur temps : moines, évêques, rois, comtes, paysans, serfs.. ici pas un seul policier, chirurgien, plasticien ou pompier. Philip (le moine), Waleran (l’évêque), la famille Hamleight, Tom le bâtisseur, Aliena et Ellen se rencontrent, s’affrontent, s’aiment puis se déchirent au même rythme que leurs classes. C’est l’histoire donc de deux générations qui évoluent autour de la construction d’une cathédrale, celle de Kingsbridge. Celle-ci est la cause et la conséquence de bien des tourments : toute l’intrigue repose sur ses pierres, l’enjeu de la construction, tant économique que politique et religieux. Cette construction, on le constate, peut faire vivre tout aussi bien que périr ceux qui l’approchent.

L’architecture

Cet ouvrage est un travail de dix années au cours desquelles l’auteur a pris soin de se documenter intensément sur l’architecture du moyen-âge, et sur cette période plus particulière rattachée aux bâtisseurs des cathédrales. La religion catholique, alors en plein essor, comprend que pour attirer les âmes, elle doit impressionner, donner également un sentiment de sécurité, de grandeur, et de beauté. C’est plus particulièrement au cours de la période allant du Xème au XIVème siècles que l’on va construire de plus en plus d’édifices religieux, en France mais aussi dans le reste de l’Europe. On connaît les églises romanes bien entendu, mais on remarque surtout les églises, et davantage encore les cathédrales. Celles-ci, plus robustes, en pierre de taille (contrairement aux églises romanes), plus hautes, plus grandes, ont commencé à être construites de plus en plus vastes au nord de la France (Reims, Saint-Denis, Strasbourg..). Ken Follett restitue à merveille l’ampleur et la complexité de ce phénomène qui a poussé les hommes à construire de plus en plus, de plus en plus haut « pour atteindre le ciel », en développant de plus en plus de techniques permettant d’ériger des monstres de pierre à la fois gigantesques et lumineux. Ce phénomène a contribué à développer la foi, mais aussi.. l’économie. Les piliers de la terre montre avec brio ce profond changement dans l’architecture religieuse : de l’église romane à l’architecture gothique, puis gothique flamboyant. D’où.. le titre du roman. C’est un roman historique donc, très axé sur l’aspect architectural, mais peignant également la chevalerie dans ce qu’elle a de plus « brut », les relations de hiérarchie et de convoitise tissées entre l’église et la monarchie, au sein des différents niveaux de l’église, et entre les paysans et la monarchie..

Les personnages

Chaque individu possède son caractère, sa psychologie. Non content de parfaire l’intrigue, le contexte, et le caractère architectural de son œuvre, Ken Follett crée en plus des personnages attachants, plus criants de vérité les uns que les autres. Dans sa façon de les attacher à leur époque, comme dans son art de les mêler, faire se battre, s’aimer, se posséder et se perdre l’auteur montre un art rarement égalé de la romance. Tout est compliqué et pourtant si limpide, si plausible, et si juste aussi : il semble en effet qu’il ne se soit permis aucun écart superflu ou décalé par rapport aux modes de vie du moyen-âge. Dans leur manière de se nourrir, d’échanger (l’économie agraire est bien ressentie, paraît à la fois salutaire et parfois dramatique tant elle dépend des intempéries, de la volonté..), de mourir, de croire et d’espérer, tous sont vraiment fabuleusement peints.

Mille quarante-neuf pages de beauté, de férocité, d’amour et de haine, d’argent et de famine, de quêtes et de conquêtes, de perditions et de victoires, de retournements, d’effondrements, de reconstruction.. de solidarité enfin, et d’espoir d’un bout à l’autre. Ken Follett a ce pouvoir incroyable de nous téléporter ailleurs, dans un temps passé et révolu, et de faire briller en nous cette étincelle de désir qui nous fait dire, une fois le livre achevé : oh non.. il n’y en a plus. Mais peut-être nous est-il permis une fois encore d’espérer, car.. la suite est sortie en anglais, et paraîtra en français au mois d’octobre, aux éditions Robert Lafond. Le titre ? Un monde sans fin…. Chic alors !

par lethee publié dans : Lectures 2008
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Mardi 8 avril 2008
Je crois qu'il est bien nécessaire de signaler cet excellent article de Pierre Cormary, rendant un très bel hommage à Amélie Nothomb :

http://pierrecormary.hautetfort.com/archive/2008/04/08/erotique-du-y-chez-amelie-nothomb.html

Encore bravo.

par lethee publié dans : Amélie Nothomb
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Mercredi 2 avril 2008
On l'attendait depuis presque deux ans. Le quatrième et dernier tome du  Combat ordinaire est sorti cette année. Dernier, oui. Reste un espoir que l'auteur change d'avis. Cependant, nul doute que la vie de Marco a été décrite d'un bout à l'autre : si ce tome ne se termine pas sur la mort, ou sur une perspective d'avenir, il montre que le personnage principal qui a tant donné de plaisir aux lecteurs de Larcenet a enfin trouvé une raison à son existence. On le pressentait bien, c'est cela en effet que l'ordinaire combat de tous : trouver sa voie, trouver ses choix même.
Planter des clous est plus politisé : l'histoire se déroule durant les élections présidentielles de 2007, et cette toile de fond est même vécue à plein par les personnages puisque l'on assiste à l'annonce de l'élection de Sarko. Il s'agit également de l'histoire d'une usine qui ferme, car les patrons délocalisent. C'est un tome plus noir donc, avec d'étonnantes planches très sombres, juste avant de venenir très lumineuses, pleines d'espoir malgré tout.
Au fond, Manu fait la même chose que Marco : il montre les choses. Après, c'est à nous de savoir si on a envie d'enfoncer le clou, ou de réfléchir aux solutions.
par lethee publié dans : Littérature jeunesse et BD
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Lundi 31 mars 2008
Si je n'avais acquis que 4 romans, après toutes ces explications sur mes dépenses, mes cadeaux, et mes tickets cadeaux pour dépenser, j'aurais eu de quoi avoir honte. Il n'en est rien !

Voici donc la suite de la liste des lectures sur lesquelles je compte bien me jeter dès que j'aurai un peu de temps libre :

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee
Quatrième de couverture
Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise - les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.


Le rêve le plus doux - Doris Lessing
Quatrième de couverture
L'histoire de la famille Lennox couvre la majeure partie du XXe siècle en prenant pour pivot les années 60, décennie contradictoire et riche en affrontements. Les jeunes de cette époque, qui brisent les vieilles chaînes et revendiquent la liberté, sont-ils des idéalistes romantiques ou une génération meurtrie ? Pour Julia, la doyenne du clan, il n'y a pas d'hésitation " On ne peux pas subir deux horribles guerres et dire : Ça y est ! Maintenant tout va rentrer dans l'ordre ! Ils sont paumés nos enfants, ce sont les enfants de la guerre. " Femmes hors du commun, Julia et Frances se battent pour " les gamins " et culbutent tous les obstacles, le pire étant peut-être le camarade Johnny pour qui " la Révolution passe, avant tout ". Splendeurs et misères des idéologies, violences domestiques ou symboliques étudiants contestataires ou enfants déboussolés : ce roman reflète notre histoire récente à la manière d'un miroir à facettes. Un témoignage exceptionnel sur l'engagement personnel d'un des plus grands écrivains vivants de notre temps.


La piscine - Yôko Ogawa
Quatrième de couverture
Il en est de la narratrice, ici, comme de quelqu'un à qui jour après jour on volerait son enfance : ses parents dirigent un orphelinat, et il lui faut vivre la même vie collective et morne que ses camarades de l'institution. Une grisaille éclairée toutefois par la présence de Jun, le bel adolescent qu'elle aime tant contempler, à la piscine. Et par celle de Rie, une petite fille, son souffre-douleur, qu'elle tourmente à plaisir. Première traduction en France d'une jeune romancière japonaise, la Piscine explore avec une saisissante indiscrétion les pulsions les plus troubles. Yôko Ogawa trouve les mots justes pour dépeindre l'adolescence, univers d'une perversité innocente où frustration, désir, recherche de la pureté, cruauté ou satisfaction peuvent à chaque instant advenir, en deçà de toute morale, et infléchir un destin, pour le meilleur ou pour le pire...
par lethee publié dans : Lectures 2008
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Lundi 31 mars 2008
Voici donc un nouveau numéro du Magazine des livres.  Dans le sommaire, voici ce sur quoi je vais me jeter dès que j'aurai l'occasion de l'ouvrir  :

MAGAZINE

Carte blanche à… Éric Zemmour : « Nous sommes moins libres que sous la monarchie absolue », par Joseph Vebret

RENCONTRES
Philippe Besson : « On ne peut pas écrire de belles histoires avec une fin positive », par Brigit Bontour

Le reste du sommaire est disponible ici.

par lethee publié dans : JDC, Presse Littéraire, Magazine des livres
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